OBAMA
«Yes they did it !»
Ni Sarah PALIN, censée remobiliser la base sociale conservatrice du Parti Républicain et apporter ainsi les voix qui manquaient à Mc CAIN pour gagner l’élection présidentielle, ni «Joe le plombier», cet Américain moyen dont le soutien à Mc CAIN devait séduire les millions d’électeurs tenaillés par la crise financière en sa faveur ; ni les appels du pied sournois et soutenus au tréfonds raciste des électeurs à 70% blancs pour, dans le secret de l’isoloir, choisir la «meilleure» couleur ; encore moins les préférences supposées pour Barack OBAMA d’Al Quaïda et de tout ce que le monde compte comme ennemis irréductibles des Etats-Unis, n’y ont rien pu. Oui, ils l’ont fait ; «Yes they did it» ! Et avec la manière s’il vous plait. OBAMA a été élu 44e président des Etats-Unis d’Amérique.
Le 4 novembre dernier, les Américains ont en effet porté à la plus haute fonction élective de leur pays, la présidence, un Noir. Un événement historique à plus d’un titre et qui, plus que tout autre, a donné tout son sens au fameux «rêve américain» qui avait tendance à devenir une simple anecdote. Que dire sur cette élection qui n’ait déjà été dit, tant elle a semblé concerner toute la planète et a suscité moult analyses et commentaires ? Certainement rien, sinon que d’affirmer nos propres convictions, indiquer nos attentes et partant explorer l’avenir.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que OBAMA vient de loin. Il y a juste 6 mois, aucun analyste sérieux n’aurait parié un kopeck sur lui, face à une Hilary CLINTON qui avait pratiquement son ticket en main depuis 4 ans et s’apprêtait juste à remplir les formalités pour la Maison-Blanche ou tout au plus affronter le candidat républicain. C’est dire ce qu’il lui a fallu comme travail, sacrifice, organisation, confiance en soi, tant les handicaps à surmonter étaient infranchissables, autrement, surtout avec la couleur de sa peau qui en faisait un candidat tout sauf conventionnel. On se demande encore comment cela a été possible, sauf à acquiescer avec OBAMA, lui-même, qui disait dans sa première déclaration officielle après son élection que «Si jamais quelqu’un doute encore que l’Amérique est un endroit où tout est possible, qui se demande si le rêve de nos pères fondateurs est toujours vivant, qui doute encore de notre démocratie, ce soir est la réponse». C’est donc dans l’âme même du pays qu’il faut aller chercher les raisons profondes de cette victoire. Le mérite de Barack OBAMA aura été d’avoir su la réveiller et la mettre à son service, au service de ses idéaux. Quelque part on pourrait dire que l’Amérique lui doit donc de l’avoir conduit à retrouver son âme et à ce titre chaque Américain devrait se demander ce qu’il peut faire pour l’en remercier et l’aider à assumer les charges qui en découlent plutôt que ce que lui pourra faire pour combler ses attentes. A moins de croire que cette élection n’ait été portée que par la puissance du désir et de la volonté de changement et de voir tournée la page BUSH. Ce serait beaucoup trop commode, nous semble-t-il, car on a tout de même vu Barack OBAMA et les siens à l’œuvre. Et c’était tout sauf du messianisme ou du fatalisme. Leur cri de ralliement «Yes we can !» était bel et bien réel. La rigueur de l’adversité contre eux aussi. Les arguments ont très souvent volé bien bas. En effet, mis dos au mur et pratiquement convaincus d’une défaite cuisante, le camp opposé a cru devoir asséner plusieurs fois des coups en dessous de la ceinture dans l’espoir de le désarçonner. Mal lui en a pris car l’opinion a refusé de le suivre sur ce sentier hasardeux. In fine c’est comme si OBAMA avait réussi à faire de ses handicaps des atouts. Comme pour dire que c’est dans l’adversité qu’il faut rechercher les ressorts de la victoire et non dans les opportunités évidentes. Cette leçon-là est valable pour tous les humains, tous les peuples et toutes les nations.
L’élection de Barack OBAMA doit être ou plutôt peut aussi être analysée sous cet angle. Surtout après tout ce qui a été dit, écrit et fait et que cet électeur anonyme exprime si bien «ce soir, c’est le premier jour d’un nouveau chapitre de l’histoire de notre grand pays». En effet, le rêve est devenu réalité. Une réalité rêvée par des générations qui y ont toujours cru comme celle à laquelle Martin Luther KING Jr s’est, le 28 octobre 1963, sur les marches du Lincoln MEMORIAL à Washington DC, adressé dans son célèbre discours «I have a dream», en ces termes «… mes amis, aujourd’hui je vous dis que, quoi que nous devions faire face aux difficultés d’aujourd’hui et de demain, j’ai tout de même un rêve. C’est un rêve qui est profondément enraciné dans le rêve américain. Je rêve qu’un jour cette nation se dressera et fera honneur à la vraie signification de son credo : «Nous tenons ces vérités comme évidentes, que tous les hommes sont créés égaux»».
Sans aucun doute l’élection d’un président noir est une nette victoire dans cette quête. C’est vrai que les attentes vis-à-vis de ce président sont énormes et que les appréhensions, même des plus crédules, sont de savoir jusqu’à quel niveau il pourra les combler. En effet, à l’intérieur comme à l’extérieur, son appel au changement suscite tant l’adhésion qu’on a l’impression que chacun voit déjà midi à sa porte, si certains ne tracent pas des plans sur la comète. Ce n’est pas en Afrique qu’on nous dira le contraire.
A notre humble avis, l’équation est posée à l’envers car, en vérité, OBAMA ne doit rien à l’Afrique. Tout comme il ne doit rien aux Européens et autres. C’est bien plus le contraire car OBAMA a pris faits et causes pour eux malgré une opinion nationale plutôt isolationniste et le désir du pays de retrouver un « imperium » malmené par des résistances nationales acharnées ici et là et une crise financière internationale qui l’a présenté comme un géant aux pieds d’argile. Donc tout ce beau monde doit accepter de jouer sa partition en retour pour ne pas le payer en monnaie de singe et l’amener à regretter son engagement à leur côté et à plus de multilatéralisme. En fait, le challenge ne serait-il pas plutôt que chacun de ceux qui ont placé leurs espoirs dans cette victoire se demande comment l’accompagner pour qu’au bout du chemin le bilan soit positif ? C’est ainsi qu’on méritera de ce clin d’œil de l’histoire dont toute l’humanité peut être fière. Et non autrement. Or, il semble que trop de gens attendent de Barack OBAMA qu’il résolve tous leurs problèmes. Ici et maintenant !
Article ajouté le 2008-11-20 , consulté 44 foisCommentaires
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