VIH-SIDA

ABBEF Une étude sur le VIH à l’Université L’Association burkinabè pour le bien-être familial (ABBEF) a organisé, le 13 novembre dernier, un atelier de dissémination des résultats d’une étude sur les connaissances, attitudes et pratiques (CAP) de la communauté universitaire de Ouagadougou en matière de VIH/SIDA. L’atelier, présidé par le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique, a connu la présence du président national de l’ABBEF, El Hadj Ibrahiman SAKANDE, et du Directeur général du CENOU, M. Mamadou Hama DICKO. L’ABBEF, faut-il le rappeler, met en œuvre depuis 2007 un projet de lutte contre le VIH à l’université de Ouagadougou. Un projet salué par le président du Réseau des associations estudiantines de lutte contre le VIH, M. Souleymane KABORE. Le président national de l'ABBEF, Ibrahiman SAKANDE, à la cérémonie d'ouverture de l'atelier de dissémination des résultats d'étude fera comprendre à l'auditoire qu'il était de bon ton pour son association avant d’engager pleinement la mise en œuvre des activités du projet, de faire "l’état des lieux de la perception et des connaissances de la pandémie au sein de l’université afin d’adopter et d’orienter les stratégies d’intervention pour plus d’efficacité". Lui succédant, le DG du CENOU, a salué l’initiative de l’ABBEF, tout en promettant d’œuvrer à soutenir toute activité de lutte contre le VIH à l’université. Il a également annoncé l’ouverture au sein du l’université d’un centre d’écoute au profit des étudiants qui désirent avoir des informations fiables sur le VIH/SIDA. Les résultats de l'étude en question montreront que celle-ci a touché 719 étudiants dont 399 garçons (55,5%) et 320 filles (44,5%) avec un âge variant entre 18 et 32 ans. Il ressort du rapport que 24% des enquêtés ont estimé avoir suffisamment des connaissances sur le VIH, 65% peu de connaissances et 11% que leur niveau de connaissance n’est pas du tout suffisant. Sur le niveau de connaissance des étudiants sur les modes de transmission, ils étaient 90% à citer la transmission par les rapports sexuels non protégés, 61,30% pour le contact avec le sang, 60,5% pour la transmission de la mère à l’enfant et 20,3% pour les partenaires sexuels multiples. D’autres modes de transmission ont été cités, y compris quelquefois des connaissances erronées comme les piqûres de moustiques (3,1%), l’utilisation des mêmes toilettes qu’une personne vivant avec le VIH, le jet de sort (0,6%). Quant aux moyens de prévention, le préservatif est cité par 88%, l’abstinence 81,9%, la fidélité à un seul partenaire 51,5%... Bref, l’étude révèle une «mine» d’informations qui prouvent que contrairement à ce qu’on pense, la connaissance du VIH sur le campus est loin d’être un acquis. C’est d’ailleurs pourquoi, la représentante du ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique, interpellant ses collègues, dira : «Pour les responsables de l’enseignement que nous sommes, nous ne devons pas nous limiter aux aspects de formation académique pour les étudiants. Nous devons aussi nous préoccuper de leur donner des compétences qui vont leur permettre, d’abord de faire face aux vicissitudes de la vie…». En tout cas, on voit bien que les responsables de l'ABBEF ont eu le nez creux d'initier une telle étude en milieu universitaire souvent cru à tort, il faut le dire, nanti de la connaissance si fait que les notions, les approches jugées "élémentaires" sont toujours occultées, négligées. Il est aussi heureux que les responsables des Enseignements, notamment au secondaire et au supérieur, aient reconnu que la formation des jeunes doit aller au-delà de l'aspect pédagogique ou académique ; il est important, surtout que d'énormes défis se présentent et que les bonnes pratiques ne sont pas toujours ce que livre la société, de préparer les jeunes âmes en cultivant en elles des compétences pratiques pour éviter les écueils. Déjà qu'une nouvelle approche est préconisée dans l'enseignement secondaire appelée "approche par les compétences (APE)", il n'y a pas de doute que sa vulgarisation sera d'un précieux apport pour une culture des bonnes pratiques dans l'intérêt de la société.


Article ajouté le 2008-11-20 , consulté 46 fois

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