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Recherches scientifiques Nos chercheurs trouvent, l'Etat est interpellé La récente sortie organisée par l'Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS/Bobo) à l'intention de la presse nationale, sur les essais cliniques du vaccin antipaludique, RTS,S, à Nanoro, a prouvé que les chercheurs burkinabè, contrairement à une certaine opinion, cherchent et trouvent. Révolu donc le temps où au Burkina, on cherchait vainement les chercheurs qui trouvent. De nos jours, le problème ne se pose donc plus en termes de trouvailles mais en termes de valorisation de ces trouvailles et de soutiens conséquents aux chercheurs. L'Etat est alors interpellé; pour que le Burkina avance, il faut investir dans la recherche. Le développement "fulgurant" de certains pays comme le Japon, la Taiwan, et même l'Afrique du Sud doit nous servir de leçon et ce n'est pas le Premier ministre Tertius ZONGO qui dira le contraire. Au Burkina Faso donc, les chercheurs qui cherchent et qui trouvent, on en trouve. Et cela dans presque tous les domaines (Agriculture, élevage, santé…). Dans le domaine de la santé par exemple, plusieurs chercheurs ont prouvé qu'il suffit que l'Etat mette les moyens matériels et financiers à leur disposition pour qu'ils fassent encore des "merveilles". Nous retiendrons seulement quelques cas pour illustrer notre volonté de "pousser" l'Etat à agir encore plus en faveur de la recherche scientifique, singulièrement dans le domaine médical. Ils cherchent et trouvent Plusieurs résultats de recherches dans le domaine médical font aujourd'hui la fierté du Burkina Faso. Même à l'extérieur, on en parle. A l'institut de recherche en sciences de la santé (IRSS) du Centre national pour la recherche scientifique (CNRST) que dirige le Pr. Basile GUISSOU, les chercheurs trouvent malgré les conditions difficiles dans lesquelles ils travaillent. A l'IRSS donc, le Pr. GUISSOU Pierre et ses collaborateurs ont cherché et trouvé un produit contre la drépanocytose. Le "FACA" qu'il s'appelle est une combinaison de deux plantes repandues au Burkina Faso. Il s'agit du Fagara Xanthoxylade (rutaceae) et du Calatropis Procera (asclépiadacée). C'est la combinaison des deux premières lettres de chaque plante qui donne le FACA. En sus de la combinaison des deux lettres, le FACA est aussi et surtout la combinaison de matières actives des deux plantes. Grâce donc à la recherche du Pr. GUISSOU et ses hommes, le FACA est aujourd'hui un médicament disponible en gélules pour enfants et adultes et en sachets de 100 gélules. La FACA avant sa mise à la disposition des populations a fait l'objet de plusieurs essais cliniques avec des résultats positifs. Il faut préciser que les essais cliniques sont une phase incontournable avant la mise sur le marché d'un produit pour ne pas dire d'un médicament. L'OMS, selon les chercheurs de l'IRSS, a d'ailleurs reconnu l'efficacité du FACA. Mais que de difficultés et de souffrance pour arriver à ce résultat qu'est le FACA. Il suffit d'aller à l'IRSS pour constater les conditions dans lesquelles nos braves chercheurs travaillent. Autres chercheurs, autres travailles. A Banfora dans la Comoé, le nom du pharmacien, Dr. Zéphirin DAKUYO est une référence médicale", pour ne pas dire un "paquet de travailles". L'homme qui, selon lui, à ses débuts lorsqu'il pillait les plantes et les racines, on le prenait pour un fou, est aujourd'hui une référence internationale. En effet, les médicaments, fruits de la recherche du Dr. DAKUYO sont commercialisés même en Europe. Le paludisme, la drépanocytose, les maladies de la peau… sont autant de maux que soignent les médicaments du Dr. DAKUYO. En 2006, 4 de ses produits ont été homologués par le ministère en charge de la Santé. Preuve que dans son laboratoire, "Phytofla" basé à Banfora, on fait un bon travail. Nous avons d'ailleurs eu la chance de visiter ce laboratoire dans le cadre de la préparation d'un dossier pour un magazine international spécialisé du médicament et des professions de santé, basé à Dakar. Comme si cela ne suffisait pas, c'est encore les chercheurs de l'IRSS/Bobo qui sont en train de mettre au point un antipaludique, le RTS.S, en collaboration avec le centre Muraz et une firme internationale. Ce vaccin antipaludique qui actuellement est à sa dernière phase avant la mise sur le marché, c'est-à-dire la phase des essais cliniques pourrait être disponible, selon le superviseur Dr. Halidou TINTO dans 48 mois. Quelles preuves faut-il encore pour reconnaître et accepter que nos chercheurs trouvent? Interrogé en 2007 à propos de la recherche scientifique au Burkina, le ministre en charge du domaine, le Pr. Joseph PARE (MESSRS) disait : "Il faut maintenant passer du stade de découverte au stade au stade de la vulgarisation". C'est bien dit, mais c'est aussi et surtout là où l'Etat doit jouer pleinement son rôle. Si malgré la précarité des moyens, il y a trouvailles, l'Etat ne peut qu'être interpellé. Il a un grand rôle à jouer tant au niveau de la découverte qu'au niveau de la vulgarisation. Nos chercheurs trouvent, il reste à l'Etat de jouer pleinement sa partition. "La dépendance en médicament, d'un pays, comme le disait Valentin AGON, un chercheur béninois que nous avons rencontré, ce n'est que l'aliénation de ce pays". L'Etat Burkinabè est donc interpellé ; encore une fois!


Article ajouté le 2008-10-22 , consulté 52 fois

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